les uranifères

Visite du musée : le 1er étage, les uranifères

 

 

  L'élément « URANIUM », richesse minérale du Limousin et son intense exploitation minière pendant un demi-siècle, méritait une place de choix. 
Dans une première salle, l'histoire de sa découverte est résumée sur de vastes panneaux où apparaissent les portraits de l'allemand Henrich Klaproth (1743-1813) et du français Eugène Péligot (1811-1890). Le premier mit en évidence, en 1789, l'existence probable de cet élément, le second l'isola et prépara « l'uranium-métal » (1856). 
Une vitrine renferme quelques appareils utilisés autrefois par les prospecteurs (V.28) : Plusieurs « compteurs Geiger », un « scintillomètre » et un « détecteur AVP » ; celui-ci est le modèle le plus perfectionné d'un prototype lourd, encombrant et peu fiable mis au point dès 1946, mais dont la grande sensibilité permit la découverte de nombreux gisements. Un « électroscope », modèle 1900. Cet appareil devenu très rare était le seul capable, au début de 1946, de donner par de longues observations, une idée de la radioactivité des roches aux prospecteurs…Il fut rapidement abandonné. Des sondes destinées aux radiocarottages des sondages, quelques figurines relatives aux débuts de la prospection – notamment une équipe du CEA cherchant , en 1946, l'uranium à l'aide d'un détecteur de mines modifié, de l'ex-Wehrmacht – et enfin un échantillonnage de substances chimiques utilisées dans l'industrie nucléaire…...

Plusieurs panneaux explicatifs donnent les noms de quelques-unes des nombreuses combinaisons chimiques uranifères naturelles (l'uranium, élément « oxyphile » n'existe pas à l'état natif), et un fac-similé d'une mystérieuse lettre retrouvée au Service des Mines de Limoges signale l'existence , en 1804, « d'urane oxidé » sur la route de Limoges à Paris…. Enfin, une vitrine centrale renferme les « sulfures d'accompagnement et les gangues » qui s'associent, en général avec les minéralisations uranifères et autres…(V.29).

Lorsqu'on entre dans la pièce d'exposition (soigneusement ventilée), on est frappé par la beauté des échantillons présentés sous une vitrine horizontale : des Autunites (phosphate d'uranium et calcium), des chalcolites (phosphate d'uranium et cuivre), des Gummites (silicates d'uranium) …
Une pechblende (mélange de plusieurs oxydes d'uranium) de grande dimension, un nodule de cette même pechblende, auréolée de gummites jaunes, orangées etc….(V.30). Deux vitrines sont consacrées à l'uranium Limousin (V.31-32). Rappelons qu'une partie du sol de cette région est constitué par un granite « fertile », c'est à dire renfermant dans sa structure intime, en micro-inclusions, des « minéraux porteurs d'uranium et de thorium-uranium » (uraninite, bétafite, monazite). Ce granite, véritable « roche-mère », est caractérisée par une radioactivité naturelle relativement élevée. Au cours des temps géologiques, l'érosion a libéré cet uranium qui à la suite de divers processus géochimiques naturels, s'est concentré dans des « pièges » pour donner des gisements…

De merveilleux échantillons aux vives couleurs sont ainsi rassemblés, provenant des mines régionales : Les Sagnes, Fanay, les Tenelles, le Brugeaud et surtout Margnac. Ce gisement, mis en évidence, dans un pâturage, à partir d'une très faible variation de la radioactivité naturelle du sol, fut pendant longtemps la plus importante mine d'uranium français et le plus beau gisement européen. 

Margnac : village situé à quelques kilomètres à l'Ouest d'Ambazac

, les premières fouilles et galeries destinées à explorer la partie supérieure de « l'indice », furent creusées dans un amas minéral fascinant, composé uniquement de pechblende massive et de gummites compactes…..Les sensations ressenties au sein de cette « zone d'oxydation exceptionnelle » étaient étranges. Partout, des « yeux » de pechblende…..dont la couleur noire ressortait au milieu d'un ensemble aux rutilements, jaunes, orangés, marrons, rouges…. ;et qui fixaient d'une façon inquiétante ceux qui venaient troubler leur sommeil……… 
Quelques échantillons proviennent de la mine « Henriette » (V.31-32), premier gisement « industriel » découvert dès 1948 à La Crouzille (Haute-Vienne) et dont la production contribua au perfectionnement du réacteur nucléaire expérimental français EL1 ou ZOË qui entra en fonctionnement le 15 décembre de la même année.

 

Une autre vitrine est consacrée à l'uranium français en général (V.33) ; elle contient quelques spécimens des autres Divisions Minières de la COGEMA (Vendée, Grury, Forez, Jouac etc…) ou de Soçiétés privées, ainsi que des exemples de « pièges » à uranium tels que les charbons, les schistes, les carburanes, les bois fossiles etc….. De magnifiques autunites éclairées à la lumière ultra-violette, diffusent une étonnante fluorescence (V.34)

Enfin, on observera un échantillonnage de minéraux provenant d'une vingtaine de pays étrangers. Quelque-uns sont rares : Brannérite (oxyde) du Canada, Tjuyamunite (vanadate) du Colorado, Soddyite (silicate) et Cuproslodowskite (silicate) du Katanga, Chervétite et Francevillite (vanadates) du Gabon etc…(V.35-36) Plusieurs flacons de grande taille sont remplis de « minerais industriels » afin de bien faire ressortir la différence qui existe entre l'échantillon « minéralogique » sélectionné et le « tout venant ». 
Une plaque en cuivre porte le nom de Jacques Rameau. Elle était apposée sur un bâtiment de la COGEMA, en souvenir de ce prospecteur qui découvrit la mine de Margnac et plusieurs autres gîtes importants.